1) demande faite pour obtenir une information, vérifier des connaissances.2) sujet à examiner, discuter ; en question : dont il s’agit, dont on parle.3) problèmes, difficultés portant sur un sujet particulier ; faire question : être douteux, discutable.4) technique de contrôle parlementaire qui permet aux membres des assemblées d’obtenir du gouvernement des renseignements ou explications.5) torture légale appliquée aux accusés et aux condamnés pour leur arracher des aveux ( la question a été abolie à la veille de la Révolution).
[L’enfant est, sur une table, bras en croix, fixés on ne peut plus fortement, jambes écartées et de même, regard fixe sur le haut de la salle, en un mot absent, de force allongé. Autour de lui, les hommes, trois, peut-être quatre, il ne sait pas, il oublie, s'agitent, changent sans arrêt de point, tâtent de ses cuisses les chairs, de son ventre flasque, à la peau, car suite d'un régime, détendue, à travers le tissu lâche, cheveux caressent, fixent et sanglent, l'enfant ne regarde, il perd le sens du lieu, rien]
[des mains, il le sent, dans sa bouche, au goût de caoutchouc - ils sont neufs et bleus, les gants, à peine sortis de leur boîte, des mains qui ouvrent sa rétive bouche, deux en haut et en bas comme l'on ouvre une valise, deux à gauche et à droite, ouvrent les commissures, afin que trou béant se fasse, immense trou au milieu de son visage, il ne peut plus résister, et laisse le trou ouvrir]
[ introduction dans le trou offert, de l'entonnoir, gigantesque, que trois hommes soutiennent, afin qu'il ne chute pas, ne chute pas la substance, elle, aux côtés de l'enfant, il s'agit du rituel, tout est codifié, derrière la porte, il croit, se tient file d'enfants, eux aussi, examinés, on mesure toute partie, à l'aide d'instruments, mètres étranges, pince, forceps, sonde, de leur corps encore chétif, sur lesquels l'on peut, en tâtant du bout du doigt, sentir le renflement d'une, légère et ferme pourtant, ne demandant qu'à ployer sous quelconque coup, côte ]
" L'une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines "
[ il a appris hier l'une des techniques les moins extra-ordinaires des sociétés modernes ; son départ prochain pour le centre, un nouveau groupe, une nouvelle fournée dans le ventre, encore palpitant, demandeur de chair, alignement des corps, il savait qu'il y aurait droit, les opposants sont rares, qui se terrent en terre de contestation, ils cultivent, une fois est définitivement coutume, en rangées organisées, sur des étagères, des mots, des langues, un bouclier protecteur et peut être quelques tropes ; sous le sol, des lianes, des phrases, quelques points de suspension, des guirlandes, les murs suintent une humidité anormale, et ils sont au monde ]
[les opposants sont rares, et tous nous sommes passés par la phase de scission]
[les murs des condensés d'asepsie, masse blanche, pas de dérogation à, par la chaux ou par la javel, le kärcher, l'ordre médicinal du non-vivant]
" Nous avons un rôle, une mission : vous inculquer à tous, sans instaurer aucune différence, une même et simple langue.
" Nous avons un rôle, une mission : et tout vous sera alors, considérablement simplifié.
" Vous remarquerez alors, que quand tout le monde est sur la même longueur d’onde, il est plus aisé de communiquer
" Nous avons un rôle, une mission : et plus aisé de commercer ?
" Rendez-vous compte : nous sommes garants des liens entre les hommes.
" Nous avons un rôle, une mission. Un but : votre bien. Sans nous, vous ne nommeriez pas vos désirs, ni les exprimeriez, ni les réaliseriez.
[Le processus suit toujours le même, implacablement, cours, une succession d’étapes, toutes sciemment, et rationnellement, organisées : tout tend vers un but, qui est la destruction. La scission réalisée. Le corps à un ordre se soumet qui n’est naturel du tout. Le corps devient terrain, vaste d’expérimentation. L’enfant est, les bras en croix, allongé, et docile attend comme tous les sujets, que se mette infinie en marche la succession de la machine et de ses actions]
Extrait (début) de La question, texte de Clément Ribes, reçu par mail il y a quelques mois et lu chez Mycroft à l'automne. Personnellement, j'y vois un auteur potentiel pour la partie Labo de TINA. Ce garçon a 18 ans, et à mon sens beaucoup de potentiel.





















