mercredi 9 juillet 2008

"Il s'agit donc sans aucun doute d'une farce stupide, d'une imposture ou d'une provocation politique."

"Le cam. Habl donne lecture du dossier; Juracek, né ici même, âgé de 33 ans, diplômé de l'enseignement supérieur, politiquement non organisé, casier judiciaire vierge, enseigne le dessin et l'éducation physique à l'Ecole normale.
Le cam. Kreperat dit qu'il le connaît, qu'il le connaît même très bien, que c'est l'hurluberlu qui a accusé son fils d'avoir mis le feu à la corbeille à papier pendant son cours, et avec une loupe, s'il vous plaît! Le cam. Kreperat demande si on a jamais entendu une histoire pareille!
Le cam. Mares remarque qu'avec une loupe on peut même incendier une usine.
Le cam. Kreperat dit que des choses pareilles pouvaient encore se comprendre du temps de la lutte des classes, mais pourquoi maintenant et pourquoi une corbeille à papier? Il ajoute qu'il a d'ailleurs flanqué une paire de claques au gamin, car des trucs comme ça, le fils d'un quelconque comédien peut à la rigueur se les permettre, mais en aucun cas le fils du cam. Kreperat. Le cam Kreperat veut absolument savoir qu'est-ce qu'il a bien pu faire, ce Juracek.
Le cam. Habl cite le dossier d'où il ressort que le professeur Juracek conteste la validité de la loi de l'attraction terrestre, loi selon laquelle une pierre qu'on laisse tomber tombe par terre.
Le cam. Kreperat propose de l'enfermer tout simplement chez les fous, et finita la commedia!
Le cam. Mares se remet à appeler le cam. Kreperat Rudl et lui signale que le cam. Juracek l'a quand même démontré en s'élevant jusqu'au plafond de la salle du conseil.
Le cam. Kreperat dit que c'est toujours la même histoire, que nous sommes capables de révolutionner l'agriculture, d'aller sur la Lune et Dieu sait quoi encore, mais que devant un dingue d'intellectuel, pan, nous tombons tous sur le cul. Le cam. Kreperat demande à quoi ça sert d'avoir nommé un directeur dans cette boîte, puisque ce type est professeur de dessin et d'éducation physique, Voracek n'a qu'à lui donner l'ordre de ne pas se mêler... Le cam. Kreperat s'interrompt et demande ce qu'il faut entendre par là: il s'est élevé? "

Extrait de L'homme qui marchait au plafond, de Pavel Kohout, édition Julliard, 1972.

dimanche 6 juillet 2008

Comment emballer TINA ?


Furoshiki préconisé pour le transport de votre exemplaire TINA

samedi 5 juillet 2008

TINA n°1 est pliée

Sortie le 27 Août.

video

vendredi 4 juillet 2008

Jacques Brou, Automates (épisode 3/20)

... on note au passage tout le corps jaune farineux, le moral déjà foireux, on s’étonne, on voudrait réclamer, on sait pas quoi à qui ni où, ça doit être normal, on a le corps en rodage, l’entendement débutant, c’est pas ça qui nous arrête, on a le gros appétit enthousiaste, on persévère dans l’effort, on s’entête dans la bêtise, on s’échine dans l’adversité, on négocie les emmerdes, on s’embourbe nettement, on patine à chaque virage, en grandes giclées brunâtres, on évite de moins en moins les obstacles, jusqu’à s’y foutre complet, on manque crever, on redémarre quand même, on s’échappe de la mare, on fait encore un petit bout de chemin, ça sent assez le brûlé, ça tombe bien : on est pour tout flamber, pour l’incendie final, le pampre grille ambiance merguez, une odeur d’essence et de cuir, c’est la bécane qui chauffe, ça vous brûle partout, ça vous tanne la peau du bide, le gras vous cuit, ça tremble terrible, on peut plus tenir, on lâche, à la fin ça vous pète, paf, ça vous gicle à la poire, slict, ça vous souffle comme un rien, pfouit, et crac, on ramasse en plein buffet, boum, ça comble, ça détruit et remplit, le choc est terrible, ça vous fissure en pied tout du long, ça vous fend d’un zip, vous béez, vous claquez au vent, la bourrasque pénètre, vous vrombissez encore quelques mois, vous perdez beaucoup par quelques fuites, on vous suit à la trace, vous faites un bruit! on vous fait remarquer, on vous couvre de honte / la honte vous suivra / (vous survivrez péteux), vous nuisez sonore, on vous repère à l’oreille, c’est comme un cliquetis métallique, toute une bourse de ferraille, le frottement d’une pièce sur l’autre, vous élucubrez encore quelques projets, vous regardez les annonces - on s’y noircit les doigts et le moral -, vous répondez à deux ou trois offres d’emploi, mais dégonflé déjà vous perdez de l’altitude, vous merdez discret : ça ne trompe personne, vous n’y pouvez croire, vous avez foi, / j’ai faux / vous vous forcez, on vous force à durer, vous vous y exercez, on vous engage à penser, on vous encourage à être : “allez, vas-y, sois”, on vous entretient dans votre entêtement, mais vous sentez le vertige, vous sentez la nausée, les remontées acides, les renvois mécaniques dans votre gorge, emplissant votre bouche, vous vomissez toute votre aigreur, vous vous soulagez le coffre, vous puez du bec, vous dégagez, quelque chose s’échappe, tout tourne, tout bourdonne, vous caoutchoutez en entier, flagada ramollo, plus rien ne vous retient, l’atmosphère vous aspire, le sol vous happe, l’abîme vous suce, on vous digère, et vlouf, à nouveau un choc mat, un bruit sourd, ce doit être un coup de pompe, un coup de boule bien ajusté, un hématome à la proue, une brèche à la poupe, vous vous crashez dans la mouise, slash, en pleine vase, vous vous réceptionnez dans la panique, vous continuez votre course, ça dérape comme rare, la boue gicle, vous finirez je ne sais pas où, peu importe, on s’en fout, on sait plus, on retrouvera rien, aucun corps noirci de fumée, aucun membre roussi, aucun fragment d’os fiché en terre, tout sera moulu, digéré, désintégré, c’est la destruction définitive, ...

jeudi 3 juillet 2008

Argument de la diagonale




Argument de la diagonale à bétonsalon
avec :
Bad Beuys Entertainment
Gilles Barbier
Claude Closky
Collectif 1.0.3
Eric Duyckaerts
Leon Ferrari
Alexandra Grant
Julien Prévieux
Michael Snow
Muruvvet Turkyılmaz
Keith Tyson

31 mai–26 juillet 2008

mardi 1 juillet 2008

Fascination biotechnologique & multinationnales


Genetiks (Tome 2)/Marazano et Ponzio ; Futuropolis, juin 2008.


La BD la plus tripante du moment.


Présentation :
"Dans un futur proche.Genetiks est un laboratoire pharmaceutique, un gigantesque trust en fait, dont la puissance financière est bien supérieure à nombre d’états du tiers-monde. Thomas Hale est l’un des milliers d’employés de ce laboratoire. Comme tous ses confrères, il a consenti à donner une goutte de son sang à son employeur. À partir de cette goutte, les chercheurs du laboratoire vont décoder l’intégralité du génome de Thomas Hale… Comme la goutte de sang est propriété de Genetiks, Thomas va devenir, de façon implicite, le premier homme privatisé, propriété du laboratoire pour lequel il travaille.

Coup d’éclat médiatique ou première étape d’une dérive incontrôlable ? Car Andréas Martin, propriétaire de Genetiks, semble ne pas avoir l’intention de s’arrêter là. Son but est de circonvenir l’éthique scientifique pour mener à bien le projet ANQÂ dont l’objectif est tout simplement d’assurer aux puissants de ce monde « la vie éternelle ».Peut-on encore s’opposer aux plans de Andréas Martin ? C’est ce que Thomas et un mystérieux groupe d’opposants vont tenter de faire… Tenter ou plutôt « croire tenter »… Car Thomas ne semble rien contrôler des événements et de la réalité même dans laquelle il s’agite en vain."

Extrait :

"Puisque Genetiks a décodé chacun des gènes de votre cellule, Genetiks possède les DROITS de tout ce que peuvent produire ces gènes... Toutes les cellules de votre corps sont la REPLIQUE EXACTE de cette CELLULE SOUCHE, cela signifie que nous possédons les droits de tout ce que les cellules de votre corps peuvent produire... En schématisant, vous êtes devenu la PROPRIETE de Genetiks, Mr Hale !"

TINA serait-elle un peu pirate ?


Le dernier numéro de la revue Critique (juin-juillet 2008) : "PIRATES !"

Présentation :
"D'Est en Ouest - du Levant au «Ponant» ? – les pirates sont parmi nous et la piraterie n"est pas une simple métaphore : l’actualité récente est venue nous le rappeler. Les écumeurs des mers n’ont pas disparu et ils ont fait école sur la terre ferme. Depuis plusieurs décennies déjà, la culture est en guerre : Culture (majuscule) contre cultures (au pluriel), art officiel contre underground, institutions contre squats… Sur ces champs de bataille, au milieu des décombres, émerge un personnage, les poches pleines : le pirate. Chez les artistes, mais aussi dans les médias, sur la scène politique et chez les intellectuels, pirates et piratage occupent aujourd’hui une place à la fois centrale et ambiguë.
D’où l’intérêt d’interroger cette figure historique, mythique et culturelle. D’éclairer ses origines, d’interpréter ses avatars et de sonder, si possible, son futur – qui est aussi le nôtre. Quelle place pour les pirates et les piratages sur le web ? dans les musiques actuelles ? dans les nouveaux mouvements sociaux mondialisés ou dans les débats sur la post-humanité ? Quel rôle joue cette nouvelle flibuste dans la (contre-)culture savante ou populaire ? Comment une piraterie aux traits rajeunis est-elle à son tour mobilisée, récupérée, voire piratée par la « flotte impériale » qu’elle combat ? Est-ce avec effroi ou jubilation qu’il faut crier : «Pirates !»"

lundi 30 juin 2008

Money, Money, Money...


Une partie de l'installation Marka de Société Réaliste pour L’Argent, Frac Ile-de-France / Le Plateau, été 2008
Photo : Martin Argyroglo.
Jusqu'au 17 août…
Adel Abdessemed, Fikret Atay, Fabio Balducci & Sophie Calle, Iain Baxter&, Philippe Cazal, Claude Closky, Moyra Davey, Wim Delvoye, Tracey Emin, Et n’est-ce* &/et, Malachi Farrell, Hans-Peter Feldmann, Sylvie Fleury, Claire Fontaine, Michel François, Gloria Friedmann, General Idea, Felix Gonzalez-Torres, David Hammons, Thomas Hirschhorn, Fabien Hommet, IFP, Michel Journiac, Edward Kienholz & Nancy Reddin, Ben Kinmont, Olga Kisseleva, Arnaud Labelle-Rojoux, Suzanne Lafont, Matthieu Laurette, Bertrand Lavier, Louise Lawler, Zoe Leonard, Les ready-made appartiennent à tout le monde ®, Gilles Mahé, Kris Martin, Cildo Meireles, Annette Messager, Antoni Muntadas, Marylène Negro, Cady Noland, Orlan, Gabriel Orozco, Ouest-Lumière, Cesare Pietroiusti & Paul Griffiths, Josephine Pryde, Claude Rutault, Seth Siegelaub, Santiago Sierra, Société Réaliste, Reena Spaulings, Ernest T, Taroop & Glabel, the Centre of Attention*, Joana Vasconcelos, Dana Wyse, la Biennale de Paris…
Dans une époque où la question de la rentabilité économique est omniprésente, dans l’art comme ailleurs, cette exposition propose un état des lieux non exhaustif de démarches artistiques qui ont interrogé la place de l’argent dans nos sociétés.
L’exposition est construite autour de trois sections complémentaires qui laissent entendre les voix, singulières ou collectives, d’artistes dont l’activité même peut être soumise aux fluctuations boursières.Commissaires de l’exposition : Caroline Bourgeois, commissaire extérieure pour le Frac Ile-de-France / Le Plateau et Elisabeth Lebovici, historienne de l’art.

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