vendredi 30 novembre 2007

Dominique Quessada

A lire : Court traité d’altéricide de Dominique Quessada, précédé de A tombeau ouvert dialogue avec Peter Sloterdijk. Editions Verticales. Novembre 2007.
« Nous sommes désormais partie d’un monde […] pouvant être décrit comme une mégamachine solipsiste et inclusive, animée par un désir de contention de toute forme d’extériorité, un monde qui se veut unique et entièrement positivé, c’est-à-dire tendentiellement débarrassé de l’encombrante figure de l’autre. »
« Cette faculté de chasser l’altérité, l’extériorité et la négativité trouve son aboutissement dans le fait qu’il n’est plus rien qui ne soit pas « nous ». »

Court texte rapide à lire. L’altéricide, ou la fin du concept de l’autre, ouvre des perspectives inédites. La littérature qui se fabrique, celle qui du moins utilise encore des personnages sous la forme de fiction, devra penser avec.
Une question demeure : l’extraterrestre représentera-t-il une nouvelle figure de l’autre s’il vient nous rencontrer ? Le concept de l’autre sera-t-il de nouveau opérationnel avec une rencontre extraterrestre ? L’extraterrestre représentant l’altérité la plus inédite.

jeudi 29 novembre 2007

Notons que... suite

Que les émissions de nullités textuelles atteignent des taux records chaque année laissant craindre un brusque changement de climat intellectuel avec risque de glaciation des cerveaux pour longtemps. Que bien qu’aucun modèle critique ne puisse prédire la catastrophe à 100% ¬(argument repris par les gaspilleurs de ressources pour reporter les « bonnes résolutions » et poursuivre leurs activités de ruine en toute impunité) il reste des millions de Terriens pour qui, cela ne fait pas de doutes depuis le début de l’humanité, il faut œuvrer en prenant en compte toutes les données du monde et surtout, ne pas oublier d’inclure le vivant.

Que malheureusement le bénéfice du doute l’emporte souvent sur l’enthousiasme gratuit dans les championnats des intérêts privés quelle que soit la catégorie des (petits) joueurs, en littérature également.

Que la prise de risque en arts actuellement est à peu près aussi grande qu’il est risqué de participer au colin-maillard à l’anniversaire de sa meilleure pote.

Que tout un tas de mots doivent au plus vite être repêchés de la mare aux canards comme par exemple « concept » ou « poésie »

Qu’avant de dire un autre monde est possible il est possible de libérer des possibles dans celui qui est, le seul qui soit à ce jour, par conséquent le meilleur des mondes et très certainement aussi le pire des mondes possibles.

Que There Is No Alternative n’est pas une mauvaise blague mais un sérieux constat de départ.

Qu’il est de plus en plus difficile aux objets papiers exigeants de s’épanouir dans un contexte marchand érodé suite à de nombreuses années de pratique culturelle extensive.

Que la solution face à la désertification de l’espace littéraire n’est pas de multiplier les mirages Internet et les blogs en forme de rivière folle à descendre d’un scroll, bordée tous les trois posts des ☺ et des ☹ des visiteurs.

Que ce n’est pas un deuxième effet Kiss-Cool —YOU ARE HERE— qu’il faut à la littérature pour survivre dans le désert mais bien quelque chose de plus tout terrain.

Que donc TINA entend poursuivre les opérations littéraires en rayons et se double d’un blog sans toboggan, pour une présence en continue autrement nommée veille, ponctuée de parutions qui dépotent.

Que lorsque les chances d’être perçu sont minimes il est important d’entretenir le signal

Que la littérature n’est pas nécessairement où il est dit qu’elle se trouve mais plutôt dans les espaces qu’elle ouvre, hors MySpace

Que ne pas être surpris c’est mourir un peu

Que suite à une absence prolongée de littérature dans leur secteur malgré des demandes répétées, lecteurs, écrivains, éditeurs, libraires, présentent les premiers symptômes de l’état d’impuissance acquise (stéréotypies, débilité, automutilation…) et non cela ne fait pas de bons moments de détente, ni de bons livres, ni de bons catalogues, à peine quelques ventes.

Notons que

Notons que le paysage éditorial français est séparé en deux mondes bien distincts (les grandes marques appartenant aux groupes, les petits éditeurs indépendants) que les formes qui peuvent constituer un enjeu aujourd'hui ne représentent plus nécessairement un intérêt pour les grands groupes que la main mise des grandes marques sur le réseau éditorial (diffusion, librairies, presse) est incroyablement hégémonique que le support revue est moins un espace de réflexion qu’un support promotionnel que les revues ignorent ce qui se passe en dehors des catalogues de 30 maisons d’édition bien établies et qu'elles sont tout de même assez old school que si ça continue le marché du livre se sera définitivement substitué à l'histoire de la littérature. Notons que créer un espace-revue contemporain est une bonne idée qu'un espace n’est pas le QG d’un réseau, d’une communauté, d’un groupe éditorial mais un espace bien plus grand, bien moins « pépère », bien plus impliqué dans l’expérimentation du monde et de ses formes que cet espace ne devrait pas être une tour d’ivoire flaubertisante sûre de son histoire au point de ne jamais se remettre en question que cet espace accueilllera une vision de la littérature bien plus large que celle communément observée depuis la fin du XIXe siècle.

TINA est lucide

"A qui sont ces mots qu'ils chantent sans y croire? A personne. Là-bas, dans le soir déclinant qu'éclaboussent les enseignent bleuâtres (SIEMENS CONTROL DATA BULL IBM COCA-COLA) le cimetière de Highgate n'est pas loin : les vers doivent grouiller parmi ce qui fut la pourriture de Karl Marx."

Jean-Jacques Schuhl, Rose poussière.

mardi 20 novembre 2007

La Revue des Livres n°2



bimestriel, en kiosque, 5 euros.

lundi 19 novembre 2007

TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.
TINA. THERE IS NO ALTERNATIVE. LITTÉRATURES.

TINA sait que le combat est rude

... Or les éléments de l'art militaire sont : primo l'appréciation de l'espace, secundo l'évaluation des quantités, tertio les calculs, quarto les comparaisons et quinto les chances de victoire. ...

Sun Tzu, L'Art de la guerre, chapitre IV Dispositions, éditions Evergreen Tachen, 2006.

Primo l'espace : ok l'espace de la littérature est très grand.
Secundo les quantités : ok les quantités de bouses en librairie sont légions.
Tertio les calculs : 95% des livres vendus sont des bouses.
Quarto les comparaisons : Harry Poter vaut 5 000 auteurs chez Gallimard
Quinto les chances de victoire : 0,5% ça suffit pour se battre.

TINA dit Quessada c'est quand tu veux

... Qu'il soit politique, culturel, anthropologique ou religieux, l'Autre du sujet, du capitalisme, de la sexuation, du langage, du social ou de l'ontologie s'est volatilisé. Nous sommes désormais partie d'un monde —l'Occident chrétien postindustriel, exportateur de démocratie, pourvoyeur de technoscience et globalisateur du capitalisme— pouvant être décrit comme une mégamachine solipsiste et inclusive, animée par un désir de contention de toute forme d'extériorité, un monde qui se veut unique et entièrement positivé, c'est-à-dire tendanciellement débarrassé de l'encombrante figure de l'Autre. ...

Dominique Quessada
Court traité d'altericide
Précédé de À tombeau ouvert dialogue avec Peter Sloterdijk
Editions Verticales / Phase 2

TINA n'est pas très Flaubertisante

"Il faut, abstraction faite des choses et indépendamment de l'humanité qui nous renie, vivre pour sa vocation, monter dans sa tour d'ivoire et là, comme un bayadère dans ses parfums, rester seuls dans nos rêves. [...] Il me semble en ma conscience que j'accomplis mon devoir, que j'obéis à une fatalité supérieure, que je fais le Bien, que je suis dans le Juste."
Flaubert, 1852.

vendredi 16 novembre 2007

Un homme à l’idée de rendre les riches encore plus riches.
Un enfant se concentre en plissant les yeux pour déplacer sa mère.
Une caissière novice n’encaisse plus la tristesse de ses clients.
Un apprenti fatigué pense au menu B de la pizzeria de la galerie du Palais.
Une femme se félicite du pouvoir incroyable qu’elle a et dont elle n’use pas.
Un camionneur invente des histoires incroyables en doublant des Laguna.
Une coach déprime pendant quinze minutes en sortant du bureau.
Une journaliste n’aime plus croiser des données et se réfugie dans la fiction.
Un paparazzi entame une carrière d’autoportraitiste.
Un responsable du département statistiques n'arrive plus à consommer "normalement".
Un délégué syndical est dégouté et n'a jamais vu cela.

mardi 13 novembre 2007