dimanche 30 décembre 2007

Julien Gracq : ci-gît le grantécrivain

« Cet écrivain incarne l’exigence, le style, la rareté, la pudeur. Il est la pierre de touche du goût. Son nom fonctionne comme étalon-or de l’ancien système fiduciaire. Il sert à la fois d’encaisse et de gage. Cette figure vestigiale joue le rôle de statue du Commandeur pour ceux qui se font de la littérature une conception étroitement dix-neuviémiste : celle du vieux Lagarde et Michard. A l’ombre de cette statue, on trouve également les petits malins comme Jourde, qui combattent les fausses valeurs, pour faire accroire qu’il y en a de vraies. Alors que le krach a eu lieu il y a longtemps, et que la tâche serait plutôt celle-ci : inventer une littérature d’après le krach de toutes les valeurs. »
F. Badré, L’avenir de la littérature (2003).